Vivants de l’amour de Dieu

Quelques jours après la Toussaint et la commémoration des défunts, notre attention se tourne à nouveau vers la résurrection en ce 32ème dimanche du temps ordinaire. Question ancienne et actuelle : les débats entre pharisiens qui y croyaient et sadducéens qui n’y croyaient pas ont interpellé Jésus et les premiers disciples.

Certains contradicteurs de Jésus ont le chic pour se poser – et pour lui poser – des questions qui n’ont absolument aucun intérêt.

C’est le cas de ces hommes que l’on appelle des Sadducéens, qui pensent qu’il n’y a pas de résurrection des morts et essayent de prendre Jésus en défaut sur ce sujet. Ils inventent une histoire invraisemblable de femme qui, sept fois veuve, épouse successivement sept frères d’une même famille… Ce genre d’histoire ne peut mener qu’à des discussions oiseuses, qui en disent long sur ce que sont les sadducéens : des gens qui perdent leur temps dans des spéculations sans fin, au lieu de se poser les vraies questions.

Jésus, lui, situe le problème à sa juste place, celle de Dieu : Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. La vie qu’il donne, c’est sa propre vie, une vie qui ne peut que durer toujours, une vie pleine, comblée, heureuse. Cette vie-là ne s’arrête pas avec la mort. Quant à ce qui se passera ensuite, nous pouvons au moins dire que cela sera bien différent de ce que nous vivons ici-bas.

Au-delà de cette histoire si peu vraisemblable, la question des sadducéens rejoint pourtant les interrogations que nous portons, lorsque nous sommes confrontés à la mort d’un proche. Comment accepter de ne plus avoir de relation avec lui ? Est-il encore vivant ? Comment va-t-il ? Où est-il ? Autant de questions qui sont souvent posées à celles et ceux qui reçoivent les familles en deuil pour préparer les célébrations de funérailles.

À ces questions, il n’est pas de réponse, hormis celle qui est donnée par Jésus : après la mort, on est semblable aux anges. La seule certitude que nous puissions avoir, c’est la certitude essentielle : Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants, car, tous, nous vivons pour lui, avant la mort comme après la mort.

Alors peut-être que la question est moins de savoir s’il y a une vie après la mort, que de savoir si nous sommes vivants maintenant de l’amour de Dieu ?

Christophe Chatillon
Curé de la paroisse Orléans Coeur de Ville