Une invitation à la persévérance

Les informations relayées par les médias s’enchaînent. Les événements relatés se succèdent. Un fait divers en chasse un autre. Nous risquons de ne plus prendre le temps de réfléchir et de prendre pour argent comptant tout ce qui est rapporté. Or le temps de la réflexion et du discernement s’impose à chacun plus que jamais. Le temps est nécessaire pour prendre la mesure de chaque événement, pour rejoindre le vécu de tant d’hommes et de femmes, pour se rendre compte des causes et conséquences concrètes de ce que nous vivons. C’est en prenant ce temps que notre prière peut nous permettre de discerner ce qui est vraiment important et ce qui nous est demandé de faire.

Le psaume de ce dimanche nous invite à regarder dans la bonne direction pour rejoindre les vues et le regard du Seigneur lui-même : « Je lève les yeux vers les montagnes… le secours me viendra du Seigneur ».

L’évangile met en scène une veuve qui vient demander justice contre son adversaire et un juge qui refuse d’abord puis se laisse fléchir pour avoir la paix. Ils sont aussi légion aujourd’hui à nos portes pour demander que justice soit rendue à leur égard : ceux qui ont quitté pays, famille, maisons, les malades, les personnes handicapées, les orphelins … la litanie est interminable et les réponses difficiles à trouver et à mettre en œuvre dans le respect de tous.

Ces deux personnages, la veuve et le juge, ont quelque chose à nous dire. Ce n’est qu’une parabole, mais comme toutes les paraboles, elle est le fruit d’une observation de la part de son auteur. De plus la parabole a l’avantage de renvoyer chacun de nous à sa propre expérience. Elle devient ainsi invitation à s’interroger et à porter un regard sur les autres et sur nos manières de faire.

La veuve. Elle est celle qui nous invite à la persévérance quoi qu’il arrive. Elle n’a plus rien à perdre. Elle ne baisse pas les bras pour autant. Elle ne craint pas de dire les choses : « Rends-moi justice contre mon adversaire ». On n’en saura pas plus sur l’objet de sa demande.

Le juge. Il sait qu’il ne craint pas Dieu. Et pourtant son attitude peut nous interroger. Il ne cache pas les raisons pour lesquelles il donne une suite à la demande de cette femme : je vais la satisfaire pour qu’elle ne vienne plus m’assommer. Qui d’entre nous n’a jamais fait de même avec ses enfants ou ses voisins ou ses collègues, « pour avoir la paix » ? D’autres ferment la porte, les oreilles et leur cœur et retournent à leurs occupations. Quel camp choisissons-nous ? Il n’est jamais trop tard pour rejoindre celui qui est notre gardien, notre ombrage toujours auprès de nous.

Christophe Chatillon
Curé de la paroisse Orléans Coeur de Ville