Un antidote à la morosité

C’est un vent d’optimisme qui souffle sur la liturgie de ce deuxième dimanche de l’Avent ! « Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère » crie le prophète Baruc. « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! » chante le psalmiste. « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu. » lit-on dans l’évangile. Oserait-on dire un vent contraire à la morosité présente dans nos églises et dans notre société ?

Quand le Christ entre dans la vie de quelqu’un, que change-t-il ? C’est « du dedans » qu’il change les choses. Il retourne les cœurs. Lui qui n’a pas rendu l’insulte pour l’insulte casse le réflexe de la vengeance ; lui qui a montré que les méprisés ont la même dignité que les autres modifie les jugements ; lui qui a dit « mon corps livré pour vous » imprime l’idée que les autres sont plus précieux que soi. Vraiment il déblaie des montagnes d’orgueil, il redresse les pensées tortueuses, il fait passer un bulldozer dans nos paysages intérieurs.

Notre foi nous ouvre à une extraordinaire « Bonne nouvelle » : le Seigneur vient, il est le chemin de la joie ! Il vient et nous ne pouvons pas nous contenter de l’attendre passivement : il nous faut préparer le chemin de sa venue. Quels ravins devons-nous combler ? Quelles collines devons-nous abaisser ? Quels sentiers tortueux devons-nous rendre droits ? Chacun de nous, par sa parole et le témoignage de sa vie, est chargé de tracer, dans les déserts du monde, des sentiers aplanis pour la venue de notre Dieu.

Nous le savons, ce n’est pas nous qui allons sauver l’univers, c’est l’œuvre de Dieu. Certes, elle passe aussi par nous, dans la mesure où nous sommes réceptifs à l’Esprit qu’Il nous donne pour préparer les chemins de la justice, de la miséricorde et de la paix. Alors, à nous qui sommes parfois tentés de nous arrêter et de nous décourager, le temps de l’Avent nous offre une chance de repartir, une occasion de ranimer en nous la flamme de l’espérance, un antidote à la morosité ambiante.

Christophe Chatillon
Curé de la paroisse Orléans Coeur de Ville