Serviteur de tous

Au fil des dimanches, l’évangile selon Marc nous interpelle. Nous y voyons Jésus annoncer pour la deuxième fois sa passion, sa mort et sa résurrection. Mais comment le Messie peut-il mourir ? Nous retrouvons des disciples bien incrédules, comme nous aussi aujourd’hui, nous pouvons l’être face à toutes les formes de souffrance, face à la maladie, face à la violence qui se déchaîne au nom de la religion, ou de manière générale, face au mal.

En route vers Jérusalem, dans ce qui s’apparente à un chemin de croix, survient entre les disciples une dispute qui nous paraît bien étonnante et même déplacée. Aux antipodes des préoccupations de Jésus, ils se soucient de qui d’entre eux est le plus grand ? Tout en rappelant la liberté des disciples, Jésus enseigne que la vraie grandeur se situe dans le service. Nous voici devant un vrai renversement par rapport aux aspirations sociales, celles d’hier comme celles d’aujourd’hui, celles qui visent à occuper le plus haut rang possible.

À nous aussi qui pouvons nous poser les mêmes interrogations, Jésus nous le redit : pour être le premier dans l’ordre du Règne de Dieu et de la mission à son service, nous devons être le dernier de tous et le serviteur de tous. Reconnaissons combien cette parole s’adresse toujours à nous, car bien souvent le tourbillon de la vie nous pousse à être le meilleur, à prendre la première place, quitte à évincer l’autre, le mépriser, le gouverner, le mettre à notre service. Le Seigneur nous invite à toute autre chose, à une vraie conversion : nous mettre au service de tous ceux que nous rencontrons dans nos divers lieux de vie. Il nous invite à suivre son exemple, son témoignage lorsque, à la veille de sa passion, il s’est agenouillé devant ses disciples pour leur laver les pieds.

Jésus accompagne son enseignement par un geste : tandis qu’il est au milieu de ses disciples, il place au centre de leur cercle un enfant qu‘il embrasse. Si l’on se souvient à quel point à cette époque les enfants étaient considérés comme insignifiants, nous comprenons mieux l’importance de ce geste. Accueillir cet enfant, c’est accueillir tous les hommes, et parmi eux, surtout les plus petits, les humbles, les pauvres.

Pour nous aujourd’hui la leçon est forte : accueillir les plus faibles, c’est accueillir Dieu. À l’exemple de Jésus, en imitant son attitude d’accueil, engageons-nous à nous tourner vers tous ceux qui nous entourent, ceux qui ont besoin d’aide. C’est alors que la tendresse du Seigneur sera distribuée, propagée à tous ceux qui sont en manque d’amour.

Père Christophe Chatillon