Persévérance

À la fin de l’année liturgique, c’est chaque fois le même texte catastrophique que nous font entendre Luc, Marc ou Matthieu : guerres, soulèvements, tremblements de terre, épidémies, famines, tsunamis, inondations, éruptions volcaniques, catastrophes en tous genres… La liste est longue et sans cesse renouvelée depuis que le monde est monde. Avec, en prime, pour les croyants : persécutions, attentats, prison, tortures, assassinats, et scandales à répétition…

Et Jésus qui semble faire preuve d’un certain fatalisme devant ces malheurs multiformes : « il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin ». C’est comme ça que va le monde et ça ne risque pas de changer. Inutile donc de spéculer sur la fin du monde : « Beaucoup viendront sous mon nom… Ne marchez pas derrière eux ». Ne suivez pas ceux qui vous prêchent la soumission craintive ou la révolution violente. Vous « c’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie ».

La persévérance chrétienne n’est pas l’utopie idéaliste du Grand Soir, ni la paresse désabusée des « après moi le déluge ». Elle est la ténacité de celui « qui sait en qui il a mis sa foi », comme Paul, qui croit que le Seigneur viendra et qu’il y aura pour le monde la même résurrection que pour Jésus, par-delà la passion et la mort. Paul, aux Romains, parle des « douleurs d’un enfantement » pour évoquer ce passage d’un « maintenant » de précarité à un « demain » d’éternité. Malgré les doutes et les incompréhensions, les hostilités et les contradictions, la colère et le découragement, la foi fait confiance à Celui « qui est, qui était et qui vient », le roc inébranlable, la lumière sans déclin.

Même quand l’envie se présente parfois de lever le pied ou de « baisser les bras » devant la longueur et la difficulté du chemin, nous sommes invités à continuer à espérer parce qu’au bout de la nuit se lève le Jour. « Comme un veilleur attend l’aurore ». Le veilleur, dans la nuit noire, ne voit rien, n’entend rien, tremble de peur ou de froid, mais il sait qu’il n’y a pas de nuit, aussi noire soit-elle, qui ne s’achève sur une aurore. Alors il tient bon, dans l’espérance de voir le jour.

Tenez bon, nous demande le Christ, pas parce que vous êtes forts, mais parce que je mets en vous une force qui vous fait aller au-delà de vos faiblesses. « N’ayons pas peur de vivre au monde, Dieu nous a devancés ! »

Christophe Chatillon
Curé de la paroisse Orléans Coeur de Ville