Le Seigneur se donne en nourriture

Le jour décline, Jésus s’adresse à la foule, l’endroit est désert, et les disciples, quant à eux, s’inquiètent du manque de nourriture alors que le jour baisse. Ce jour qui décline fait penser à celui de Cana. Alors que les noces battent leur plein, le vin vient à manquer. La nuit qui vient fait aussi penser à Emmaüs où les disciples invitent Jésus à rester avec eux et à s’installer à leur table.

Tous ces jours où tombe la nuit mènera finalement Jésus et les douze, à LA nuit. Ce jour-là, ce jeudi, Jésus et ses disciples, ses intimes, sont rassemblés autour d’un repas, le dernier qu’ils prendront ensemble, ce repas fait d’un peu de pain et de vin. Saint Paul, dans sa lettre aux Corinthiens, nous le rappelle : lors de ce repas Jésus prononça la bénédiction tout en concluant : « Vous ferez cela en mémoire de moi ».

Un peu de pain, un peu de vin ! Déjà, le roi Melkisédek avait fait apporter du pain et du vin. Après quoi, il bénit Abram. De Melkisédek à Jésus, on pourrait dire que la boucle est bouclée. Avec Abraham, nous sommes à la genèse de l’histoire du peuple de Dieu. Avec Jésus, elle atteint son point culminant.

L’histoire de la multiplication des pains et des poissons, rapportée dans l’évangile de ce dimanche, en est un signe. Alors que la foule est innombrable, il n’y a que cinq pains et deux poissons. Pourtant, la foule sera rassasiée et les disciples pourront encore remplir 12 paniers. Les restes pourront donc encore nourrir d’autres personnes. Mais qui donc ?

Revenons un instant au dernier repas de Jésus avec ses disciples. Après avoir prononcé la bénédiction, Jésus leur dit : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Voilà qui sera nourri du reste des pains et poissons : toutes celles et tous ceux qui viendront après la mort et la résurrection de Jésus. Ceux qui, portés par la foi, continueront à annoncer la Bonne Nouvelle du Ressuscité.

En nous rassemblant pour célébrer l’eucharistie, en partageant le pain et le vin, nous proclamons que Jésus le Christ, mort et ressuscité, lui qui a souffert pour faire disparaître la souffrance humaine est la nourriture qui nous fait vivre.

En communiant au même pain et au même vin, nous attestons que, rassemblés en un même corps, celui du Christ, nous formons une seule et même communauté d’Église.

Aujourd’hui encore, le Seigneur nous donne sa nourriture en abondance et à chacun ce qu’il lui faut ; l’amour se décuple comme ces cinq pains et ces deux poissons. Dépositaires de cette Bonne Nouvelle, nous sommes appelés à la partager au nom de Jésus le Christ, grand prêtre à jamais !

Christophe Chatillon
Curé de la paroisse Orléans Coeur de Ville