Le bon pasteur

L’Église universelle nous invite en ce 4ème dimanche de Pâques à prier pour les vocations et nous donne notamment comme référence le bon pasteur, le vrai berger.

Dans notre conscience collective chrétienne, parler des vocations c’est tout de suite penser aux prêtres, aux religieux et religieuses, aux missionnaires. C’est en même temps, évoquer la situation actuelle du sacerdoce, notamment en Europe. Et, bien évidemment, nous pensons à nous, à notre paroisse, parce que dès que l’on parle de prêtres on pense messes, célébrations sacramentelles, funérailles, avec l’interrogation personnelle : « Aura-t-on encore un prêtre à nos funérailles ? » De par notre histoire, tout cela est bien compréhensible, mais, nul doute, quelque peu restrictif, voire égoïste.

Qu’est-ce que la vocation ? Selon Stendhal, c’est avoir pour métier la passion, c’est-à-dire être heureux de ce que je fais, de ce que je suis, de ce que je vis. En fait, nous avons tous la vocation, homme ou femme, à être heureux aujourd’hui, quelle que soit la pesanteur de notre époque. En tant que chrétien, c’est aussi de se savoir aimé, conduit, accompagné par Celui que Jean nous présente ce dimanche comme le vrai Berger, le Bon Pasteur.

Le Christ ressuscité de Pâques dit, en parlant de nous : « Mes brebis, je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle et jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main ».

Le cœur de la Bonne Nouvelle d’aujourd’hui est d’accueillir le cœur de Jésus qui nous aime chacun personnellement, qui nous mène et nous conduit, qui nous donne sa propre vie, sa liberté, qui nous assure que rien ne pourra l’empêcher de nous aimer.

Nous sommes appelés à la vie, au bonheur, à l’intimité avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit, appelés à la joie éternelle des rachetés. Le père Congar disait : « Chacun de nous est le prêtre de sa propre existence ». Prier pour les vocations, c’est prier pour que chacun d’entre nous réalise sa propre vocation, son sacerdoce, c’est-à-dire l’offrande de sa vie au Père et au service de ses frères, en communion avec le Christ.

« La vocation chrétienne, c’est cette orientation profonde de sa vie que le croyant découvre comme un don de Dieu et un appel de l’Église. Parfois il faut l’assumer jusqu’au bout, au péril de sa vie » (Mgr Teissier, archevêque d’Alger, évoquant les événements de Tibhirine).

Christophe Chatillon
Curé de la Paroisse Orléans Coeur de Ville