La joie de Dieu

Les uns viennent à Jésus pour l’écouter. Les autres pour récriminer à propos de son bon accueil aux pécheurs. Alors Jésus élève la voix pour que tous l’entendent et il se met à parler en paraboles :

Un homme avait cent brebis. Un soir il réalise qu’une brebis manque, celle qui était toujours un peu folle et n’en faisait qu’à sa tête. Laissant là tout le troupeau, il part à sa recherche… la retrouve prise dans les épines. Rentré fou de joie à la bergerie, il invite ses amis à faire la fête. La brebis perdue est retrouvée !

Une femme perd une pièce d’argent, sans doute une des rares qu’elle possédait. Elle part à sa recherche. Quand elle l’a retrouvée, elle invite ses amies à faire la fête. La pièce est retrouvée !

Le plus jeune des fils demande la part de son héritage et quitte sa famille. Il se perd, il s’égare, il jouit des plaisirs faciles de la vie. Quand il a tout perdu, il revient. Et le père invite ses amis à faire la fête. L’enfant perdu est retrouvé !

Jésus a raconté ces paraboles devant les pharisiens qui lui reprochaient d’aller vers les pécheurs et de manger avec eux. Il leur montre qu’il est bouleversé par la détresse de l’homme qui s’est perdu loin de Dieu. Il montre le visage de Dieu-Père qui souffre de voir un seul homme s’égarer loin de lui et se réjouit de son retour. « Ton frère était perdu et il est revenu à la vie… », cela devrait nous réjouir tous.

Les pécheurs qui reviennent vers lui sont le trésor de Dieu, sa préférence. Ceux qui se croient justes ne le comprennent pas toujours. Il est donc difficile pour eux d’accepter que ceux qui ont péché puissent se retrouver avec eux enfin réunis. Certains se révolteront de ce qu’ils considèrent comme une injustice. Mais à eux, Dieu dira : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. »

Dieu aime jusque dans la démesure, à l’image du berger qui abandonne tout son troupeau pour aller à la recherche de cette brebis folle, à l’image encore du père aux bras grands ouverts devant son fils qui était perdu. Toute l’humanité est rassemblée dans le fils qui s’est éloigné, dans la brebis qui a pris un chemin de traverse et a été enserrée dans les épines… Chaque « retrouvaille » est la source d’une grande joie ! Nous devons nous réjouir de ce visage de miséricorde de notre Dieu, de sa patience, de son immense bonté toujours à la recherche de ce qui est perdu.

« Dans les paraboles de la miséricorde, Jésus révèle la nature de Dieu comme celle d’un père qui ne s’avoue jamais vaincu… Dieu est toujours présenté comme rempli de joie, surtout quand il pardonne. Nous y trouvons le noyau de l’Évangile et de notre foi ! » (Pape François, proclamation de l’année de miséricorde, 11 avril 2015).

Laissons-nous toucher par ce visage de Dieu que Jésus nous montre. Dieu nous aime dans la mesure de la démesure ! Avec joie, remercions-le pour sa miséricorde.

Christophe Chatillon
Curé de la paroisse Orléans Coeur de Ville