La fête de l’Espérance

Aucun des Évangélistes n’a raconté l’Ascension de la même façon, ni au même lieu, ni au même moment. Ne soyons pas étonnés. Il ne s’agissait pas d’un événement localisable dans l’espace, mais d’une façon, différente pour chacun, de dire que Jésus est bien vivant et que c’est à nous de le continuer.

Voilà la mission qui nous est confiée. Voilà notre Espérance. Tout ne s’arrête pas au moment où le Ressuscité quitte définitivement ses disciples.

Tandis qu’approche l’heure de son grand départ, Jésus dirige nos regards sur les Apôtres. Il en fait les dépositaires de ses derniers enseignements. Il leur ouvre l’intelligence pour comprendre les Écritures. Il les établit continuateurs de sa mission : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. »

La liturgie du jeudi de l’Ascension nous a permis d’entendre deux récits de St Luc : la fin de son 1er tome dans l’évangile, et le début de son 2ème tome avec les premières lignes du livre des Actes des Apôtres. Ce n’est pas anodin : Luc conclut son évangile, et ouvre les Actes des Apôtres par le récit de l’Ascension du Seigneur. En insistant ainsi sur la dernière apparition et le départ de Jésus, il veut marquer à la fois la rupture et la continuité entre le temps de Jésus qui s’achève et le temps de l’Église qui commence.

C’est le même Esprit qui reposait sur Jésus depuis le jour de son baptême, et qui désormais sera l’âme de l’Église. « Vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre. » C’est l’annonce de la Pentecôte.

Transformés de l’intérieur, les disciples ne pourront garder pour eux ce qu’ils ont reçu de leur Maître. Jésus n’avait pas dépassé les frontières d’Israël. Les Apôtres iront jusqu’au bout du monde. Si St Luc raconte à deux reprises l’événement de l’Ascension, ce n’est pas pour en faire un discours d’adieu de Jésus mais un envoi en mission.

Ne cherchons pas le Christ dans les nuages mais dans le quotidien où il marche à nos côtés comme un « premier de cordée » qui voudrait nous entraîner dans son ascension spirituelle, les pieds sur la terre et la tête dans le ciel, pour nous conduire vers le Père.

L’Ascension c’est la fête de l’Espérance, une espérance qui débouche sur la Pentecôte.

Christophe Chatillon
Curé de la 
Paroisse Orléans Coeur de Ville