Je vous donne ma paix

Il y a beaucoup de mouvements dans les lectures de ce dimanche. Dans les Actes, Dieu met les hommes en marche. Ainsi pour demander l’avis des Anciens, nous voyons les apôtres et disciples aller à Jérusalem, puis être envoyés à Antioche ou en Syrie. Dans l’évangile, c’est Dieu lui-même, par le Christ, qui se met en route. Tous deux viennent chez quiconque écoute la parole du Père, pour alors installer de concert leur demeure dans le cœur de celui-ci. Dans un autre mouvement, le Père envoie au nom de Jésus, le Défenseur, l’Esprit Saint qui vient souffler au cœur de l’Église pour nous enseigner. Dernier mouvement, Jésus part vers le Père, pour revenir vers nous. Que tirer de ces mouvements pour notre vie d’aujourd’hui ?

Les Apôtres nous invitent d’abord à nous mettre en route vers les autres pour témoigner comme eux de la beauté de la Parole. C’est en l’écoutant, en nous plongeant toujours plus dans les Écritures que nous recevrons le Père et son Fils au plus profond de nous. Comme le dit l’évangile, ils viendront tous deux y faire leur demeure. Et pour nous aider, Père et Fils nous envoient le Défenseur, l’Esprit Saint. S’il vient nous apporter son souffle, il vient aussi nous réveiller. Il tourne nos regards vers la Ville sainte dont parle l’Apocalypse. Il ne nous demande pas de construire nous-mêmes cette ville. Dieu lui-même en est l’architecte ! Par contre, il nous est demandé de gérer cette ville, d’élaborer une bonne politique du vivre ensemble, dans le respect de tous et dans la paix.

La paix, autre mot qui circule à travers les lectures. Particulièrement lorsque Jésus dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». Courageux de la part de quelqu’un menacé de mort, qui sera torturé et crucifié ! De quelle paix parle-t-il ? Souvent quand on parle de paix, on pense à l’absence de guerre. Une absence de conflit ouvert, sorte de guerre froide, ne cache pas pour autant de graves tensions, parfois bien lourdes et cachées comme on peut en trouver entre les états, mais aussi au sein de nos familles, de nos communautés. À titre personnel, nous sommes aussi souvent tiraillés par de multiples inquiétudes, par des regrets, par l’amertume.

Comment la paix peut-elle alors habiter en nous ? Les lectures à nouveau vont nous donner des clés. À Antioche, les membres de la communauté sont divisés, des dissensions créent des tensions entre eux. Ils vont parler entre eux, s’asseoir, consulter les Anciens à Jérusalem, prier l’Esprit et trouver une solution qui convienne à tous. La paix surgit lorsqu’on accepte de rencontrer l’autre, de l’écouter, de dialoguer, de croire en la force de l’Esprit capable de créer l’unité dans la différence. Une autre clé nous est donnée par Jean, le Voyant de Patmos qui grâce à la prière et la contemplation du Seigneur était capable de communiquer la paix aux Églises. Ainsi les personnes qui prient régulièrement, qui entrent en contact avec le Père, sont-elles capables de communiquer cette paix que Dieu seul peut donner, cette paix plus forte que nos peurs. Voici bien un exemple à suivre pour notre vie !

Christophe Chatillon
Curé de la paroisse Orléans Coeur de Ville