J’ai vu des merveilles

Regardez les enfants. Ils bougent, crient, s’extasient devant un caillou ou passent des heures à jouer avec un seau et une pelle. Chaque partie de leur corps atteste de leur enthousiasme à vivre. Et nous ? Avons-nous gardé cette faculté à nous émerveiller ? “Dans un grain de sable, voir un monde ; dans chaque fleur des champs, le paradis”, a écrit le poète britannique du 18ème siècle William Blake. Cette vision de la vie suppose de poser un regard admiratif, à chaque instant, sur tout ce qui nous environne, afin de résister à la morosité ambiante, à la lassitude, au découragement.

Lorsque nous sommes éblouis par ce qui nous entoure, quel que soit le lieu où nous nous trouvons, lorsque nous oublions d’être enfermés dans nos soucis et nos peurs, nous nous ouvrons aux autres et entrons dans la reconnaissance de ce que Dieu fait pour nous. S’émerveiller rend hommage à notre Créateur, nous rapproche de Lui et nous permet d’être plus vivants. Et alors, nous devenons des chrétiens convaincants, car l’enthousiasme nous habite et la joie nous fait rayonner. Et cet état d’esprit se cultive au quotidien, en s’ouvrant à l’autre, à notre environnement, en s’efforçant de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, comme le suggère la sagesse populaire.

S’émerveiller au quotidien, c’est accepter de redevenir simple et apprécier chaque minute de la vie avec ses hauts et ses bas. Il est urgent, aujourd’hui plus que jamais, de retrouver notre capacité à nous émerveiller, comme les enfants que nous étions, devant les choses les plus simples car elles ne sont pas banales : elles sont des signes de la beauté, de la joie, de l’espérance, bref de la vie. Cela deviendra un art de vivre, un art de vivre mieux.

Nous n’avons pas le choix, parce que sinon la désespérance et le découragement vont envahir nos vies. Nous n’avons pas le choix parce que c’est ainsi que nous sommes faits, à l’image et à la ressemblance de Dieu, qui nous a donné cette capacité à voir la beauté, comme Lui au soir du dernier jour de la Création où Il vit que cela était très bon.

Alors, en cette fin d’année scolaire, à l’heure où nous nous réunissons pour faire le bilan de cette année si particulière, ouvrons grands nos yeux et goûtons les merveilles !

Père Christophe Chatillon