Être en vacances sans mettre Jésus en vacances

En ce début du mois de juillet, nous entrons peu à peu dans la période des vacances. Les cours et les examens sont finis, les écoles vont fermer leurs portes, les activités marquent une pause, la pression du travail et du rendement retombe progressivement. C’est surtout une période agréable où nous pouvons nous détendre et respirer un peu après de grands efforts fournis au cours d’une année si particulière.

Prendre un temps de répit après une période de travail est normal, et même recommandé dans la Bible. Dieu a été le premier à se reposer le septième jour de la création après avoir créé les cieux et la terre, et tout ce qu’ils renferment. Mais comment donc sommes-nous censés passer cette période ? Si nous sommes en vacances, notre foi est-elle pour autant aussi en vacances ?

À plusieurs reprises, Jésus a ressenti le besoin de s’éloigner, de partir pour se ressourcer. Et il invite ses disciples à faire de même : « Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu » (Mc 6, 30-34). Le désert c’est un lieu : lieu où Dieu parle au cœur (Osée 2,14), lieu où Dieu donne « la manne » (Ex 16,15), lieu où Dieu fortifie notre foi (Mc 1,12). Le désert c’est aussi un temps : temps de l’abandon, temps pour rompre avec le quotidien, pour mettre à distance les préoccupations, les soucis. Temps pour se reposer physiquement et psychiquement. Le désert c’est enfin une expérience : expérience de la rencontre avec un Dieu qui se révèle, qui se fait connaître (Ex 3,6), expérience de la solidarité nécessaire et de la protection du Seigneur.

Partir en vacances, c’est donc bien plus qu’un simple temps de repos !

C’est renouveler nos forces en nous accordant au rythme de la création, en nous aérant, en contemplant la nature. C’est vivre des expériences heureuses en famille, entre amis, qui deviendront des souvenirs nécessaires pour tenir dans les moments plus difficiles du quotidien et consolider les liens. C’est se retrouver soi et rejoindre notre Dieu.

Rupture avec le rythme journalier, le repos est de l’ordre de la gratuité. Ne plus être utile, productif, mais simplement être. Être à Dieu dans la contemplation de sa création, être à soi lorsque l’agitation fait place au silence, être à l’autre, dans une relation désintéressée, auprès de ses proches, de sa famille. Prendre le temps pour ce qui ne compte pas, ce qui n’est pas rentable mais qui apporte tant.

Je vous souhaite à toutes et à tous un été reposant et ressourçant.

Père Christophe Chatillon