En chemin vers Pâques

Avant d’entreprendre une marche en montagne, il faut regarder la carte et préparer le nécessaire : chaussures adaptées, boisson, protection solaire, etc… De même, la marche vers Pâques exige une préparation personnelle et ecclésiale. Elle durera 40 jours ! Savons-nous où nous allons ? Avons-nous emporté avec nous tout ce qui nous est nécessaire ? 40 jours, c’est long !

Mais nous le savons aussi, 40 jours, dans la Bible, est un nombre symbolique. Il renvoie à Moïse parti sur la Montagne pour y recevoir la Torah. Il fallut le même nombre de jours à Élie pour arriver à l’Horeb pour rencontrer le Seigneur. Le peuple hébreu a pris 40 ans pour cheminer depuis la terre d’Égypte, terre d’esclavage, pour arriver en Terre de Canaan, la terre promise par Dieu. Jésus, lui-même, est resté 40 jours dans le désert. Et voici qu’aujourd’hui encore, nous sommes invités à parcourir une marche de 40 jours.

Pour tenir dans la durée, voyageons léger ! Pas besoin de carte ni de boussole. Il nous suffit de nous laisser guider par le Christ. Nous avons à nous délester, à alléger nos sacs, renoncer à toutes nos résolutions impossibles à tenir, à faire preuve de réalisme et d’humilité pour mieux appréhender cette longue marche à travers nos déserts d’aujourd’hui et mieux vivre ensemble ce chemin vers la Pâque de Jésus et notre propre Pâque.

Vivons ce temps de carême comme un temps privilégié pour Le rencontrer ; comme une aubaine pour emprunter des chemins nouveaux, pour favoriser de nouvelles rencontres, pour regarder nos proches avec un nouveau regard.

Le carême a parfois mauvaise réputation : temps gris, marqué par la tristesse engendrée par nos médiocrités, nos piétinements ou même nos reculades. Il est au contraire un temps de rencontre et de bonheur. Un temps de conversion, de partage et de prière. Comment allons-nous le vivre ? Il ne s’agit pas de choisir quelques gestes extérieurs qui pourraient nous donner bonne conscience. Se convertir, c’est se tourner vers Dieu, son amour et sa miséricorde. Se tourner vers Dieu implique de se tourner aussi vers les autres, les plus petits, les plus fragiles.

Ne nous trompons pas de chemin : ce temps de carême doit être un moment de joie intense. Il nous redit combien Dieu nous aime et combien il fait de nous ses partenaires pour un monde nouveau.

Bonne route à chacun !

Christophe Chatillon
Curé de la Paroisse Orléans Coeur de Ville