Dieu qui nous appelle à vivre

Le dimanche est toujours le jour du Seigneur, le jour de la résurrection. Les lectures de ce dimanche ne peuvent qu’accentuer la tonalité pascale de nos célébrations. C’est le Dieu de la vie qui nous invite à l’accueillir. La confiance et la foi sont l’attitude fondamentale qu’il attend de nous, à l’image de Jaïre qui tombe aux pieds de Jésus pour lui demander d’imposer les mains à sa fille malade, mais aussi de la femme, anonyme, qui vient par-derrière toucher les vêtements du Christ et se jeter, elle aussi, à ses pieds.

« Qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ! » : la demande du chef de la synagogue parle de salut et de vie. Ces notions ne sont pas très « modernes » à première vue. Le salut apparaît comme une notion quelque peu vieillotte, et la vie elle-même est pour certains de nos contemporains tellement menacée et dénigrée qu’on en vient à douter de sa valeur suprême. À l’inverse, le déni de la mort et le souci extrême de soins de santé sophistiqués et de l’« être bien dans sa peau » manifestent combien le désir de vivre et de bien vivre est ancré au cœur de l’humanité. Nous nous trouvons donc en quelque sorte sur une ligne de crête : il est d’autant plus précieux de redire combien la volonté du Dieu de Jésus est que les humains vivent et vivent bien.

La Bonne Nouvelle ne serait-elle pas en premier lieu celle-ci : Dieu nous veut vivants ? Tout l’Évangile va dans ce sens, vers le sommet qui est la résurrection de Jésus et en même temps promesse de la nôtre. Le livre de la Sagesse le pressentait déjà en écrivant : « Dieu ne se réjouit pas de la mort des êtres vivants, il a fait de l’homme une image de sa propre identité ». Cette affirmation que Dieu est pour la vie éclate dans les textes que la liturgie de ce dimanche nous propose de méditer.

Le Christ ressuscité nous ouvre le chemin. Sur les routes de Galilée, il a planté les balises. S’il donne la priorité aux pauvres, il attend de tous la foi. Pour la femme âgée comme pour le père de la jeune fille, la confiance en Jésus est la condition de la guérison. « Ta foi t’a sauvée. » « Ne crains pas, crois seulement ! » 

Sachons, nous aussi, nous laisser toucher par ceux qui nous entourent et qui connaissent la maladie. Portons-les dans la prière. Que le Seigneur leur apporte la paix, la consolation, la guérison. Exprimons-lui notre foi, notre confiance. Il est notre Sauveur, celui qui nous fait passer des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie.

Père Christophe Chatillon