Dieu a promis

Tout commence par une promesse. Au commencement de notre histoire, Dieu a promis. Dieu a promis à Abraham une terre solidaire où couleraient le lait et le miel pour tous les hommes, un peuple de fils, donc de frères. Mais comment cela va-t-il se faire ? Par la voix des prophètes, il a fait bondir l’amour de cœur en cœur et soulevé d’âge en âge une immense espérance ; il a annoncé des temps nouveaux où l’humanité serait comme recréée, remise à neuf dans une alliance nouvelle. Les peuples briseraient leurs épées pour en faire des charrues, les nations n’apprendraient plus à faire la guerre, la création serait enfin réconciliée. Le rêve ! Mais comment cela va-t-il se faire ?

Et voilà que Dieu a choisi Marie, une jeune fille ordinaire, âgée tout au plus de 17 ans, pour réaliser sa promesse. “Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi”. C’est un faire-part d’amour. L’annonce est portée par un ange, Gabriel, dont le nom signifie “Dieu est fort”. Marie l’entend dans le secret de son cœur, elle en est bouleversée, elle ne comprend pas. Qui pourrait comprendre ? “Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils” dit l’ange. “Comment cela va-t-il se faire ?” demande Marie. Qu’avait-elle donc d’unique pour que Dieu la choisisse ? Dans le silence de Nazareth, depuis son plus jeune âge, Marie a préparé son cœur à accueillir l’amour. En elle, pas le moindre soupçon d’égoïsme. Ouverte à l’autre, heureuse du bonheur de l’autre, attentive aux besoins de l’autre, Marie est prête à s’oublier totalement pour laisser l’autre remplir son cœur. Nous contemplons en Marie une femme tout entière habitée par l’amour.

Ainsi, comme Abraham, Moïse et plus qu’eux encore, Marie espère l’impossible. A la suite des prophètes, Marie espère que Dieu déchire les cieux pour habiter le cœur de l’homme. Voilà pourquoi Dieu la choisit pour réaliser en elle l’impossible et se faire “Dieu-avec-nous”. Et Marie croyait que Dieu tiendrait parole puisque ce qu’il dit, il le fait. Et Marie dit oui, elle fait confiance à ce Dieu qui tient parole. Elle croit à ce Dieu qui, depuis le commencement, fait ce qu’il dit. Souvenez-vous, quand il créa, il dit : “Que la lumière soit”, et la lumière fut. “Que tout m’advienne selon ta parole”, c’est l’acte de foi de Marie. Et Dieu fait comme il le dit, la parole se fait chair. C’est un nouveau commencement, une nouvelle création. Marie est la nouvelle Ève, la mère des Vivants, la mère de Dieu et notre mère.

Marie a dit “oui à l’impossible” et ce “oui” la met en marche. Elle sort de chez elle. Elle part. Elle ne marche pas, elle court. La voici en route vers la rencontre qui lui révélera le secret qui l’habite. Elle a rendez-vous à la maison de la joie, chez sa cousine Élisabeth. La rencontre aurait pu être banale, une simple visite de famille. Mais l’échange nous révèle la beauté et l’intensité de toute rencontre vécue en profondeur. Bien sûr, ces deux femmes sont enceintes et les petits qu’elles portent ne sont pas n’importe qui. Bien sûr l’évangéliste Luc veut nous faire vivre la première rencontre entre Jésus et Jean-Baptiste. Mais cette rencontre intérieure n’aurait pu avoir lieu si Marie et Élisabeth ne l’avaient désirée, si elles ne s’étaient pas laissées habiter par la présence de celui qu’elles portaient. De la rencontre jaillit la joie. Élisabeth révèle à Marie Celui qui l’habite : “Heureuse es-tu, toi qui as cru” Et l’enfant tressaille au-dedans d’elle-même. La joie jaillit comme d’une source et Marie chante son chant d’amour : “Magnificat !”

“Oui à l’impossible” : c’est la foi de Marie.
“Magnificat” : c’est la joie de Marie.
“Faites tout ce qu’il vous dira” : C’est l’envoi de Marie.

Belle marche en Avent vers Noël !

Christophe Chatillon
Curé de la 
Paroisse Orléans Coeur de Ville