L’appel de Jésus

Nous sommes habitués à entendre des récits qui nous parlent de Dieu qui appelle et consacre un homme pour une mission auprès de son peuple. Dans la première lecture de ce dimanche, c’est un peu différent. C’est Élie qui appelle Élisée pour qu’il prenne sa succession en tant que prophète. Et il l’invite à se mettre en marche, non pour aller embrasser son père et sa mère, mais pour le suivre. Il brûle alors l’attelage et immole les bœufs en signe de son renoncement à sa vie passée pour suivre Élie et se mettre à son service.

L’appel de Dieu exige toujours une réponse libre et un renoncement. Et on comprend aisément les hésitations d’Élisée. Combien de fois, nous-mêmes, remettons à plus tard une réponse à un appel pressant du Seigneur ou de nos frères !

Dans l’évangile, Luc nous précise que Jésus, « le visage déterminé, prend la route de Jérusalem », la route de tous les dangers pour lui et les siens. Il sait qu’il va à la rencontre des pharisiens et des chefs du peuple et que ceux-ci n’ont qu’une idée en tête, le supprimer et le mettre à mort.

Jésus vient de descendre de la montagne de la Transfiguration avec Pierre, Jean et Jacques. Ils ont été mis dans la confidence, mais Jésus leur a interdit d’en parler. Une des premières rencontres pendant cette marche vers Jérusalem se déroule dans un village de Samaritains : refus de le recevoir, colère de deux disciples, Jacques et Jean. Ils veulent qu’un feu tombe du ciel et les détruise. Nous nous retrouvons parfois aussi dans cette attitude des deux disciples : face aux injustices, aux colères des uns et des autres, proches ou éloignés, nous aimerions aussi faire appel à un feu vengeur !

D’autres rencontres jalonnent cette marche de Jésus vers sa passion. Un premier homme prend l’initiative, le troisième aussi, seul le deuxième est invité par Jésus. On ne sait rien de leurs réponses. Seuls, les mots de Jésus nous sont rapportés par Luc. Et nous les découvrons d’une grande actualité : aller enterrer mon père, faire mes adieux aux gens de ma maison, autrement dit remettre à demain, rester enfermé dans mes préoccupations, limiter mon horizon à la famille… autant de réponses légitimes, mais que Jésus dénonce, car insuffisantes !

Jésus appelle et invite à marcher à sa suite en précisant les conditions pour faire partie de son groupe de disciples. Il faut se mettre en route sans tarder, rompre les attaches qui pourraient freiner la marche du disciple et accepter l’inconfort.

L’appel de Jésus à le suivre, à l’accompagner dans cette marche vers la mort et la résurrection est adressé à tous : les Samaritains, un homme, un autre, sans précisions, et pourquoi pas à chacun de nous aujourd’hui !

Paul nous dit, dans la deuxième lecture de ce dimanche : « Laissez-vous conduire par l’Esprit, marchez sous la conduite de l’Esprit, c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés ». Ce n’est pas une marche en solitaire, mais une aventure avec des frères sous la conduite de l’Esprit. Prions pour que l’Esprit soit notre guide et notre soutien tout au long des jours qui viennent.

Christophe Chatillon
Curé de la paroisse Orléans Coeur de Ville