Voyageons léger

Avant d’entreprendre une marche en montagne, il faut regarder la carte et préparer le nécessaire : chaussures adaptées, boisson, protection solaire, etc… De même, la marche vers Pâques exige une préparation personnelle et ecclésiale. Elle durera 40 jours ! Savons-nous où nous allons ? Avons-nous emporté avec nous tout ce qui nous est nécessaire ? 40 jours, c’est long !

Le carême a parfois mauvaise réputation : temps gris, marqué par la tristesse engendrée par nos médiocrités, nos piétinements ou même nos reculades. Il est au contraire un temps de rencontre et de bonheur. Un temps de conversion, de partage et de prière. Comment allons-nous le vivre ? Il ne s’agit pas de choisir quelques gestes extérieurs qui pourraient nous donner bonne conscience. Se convertir, c’est se tourner vers Dieu, son amour et sa miséricorde. Se tourner vers Dieu implique de se tourner aussi vers les autres, les plus petits, les plus fragiles.

La première étape de la conversion est d’accepter d’être regardé et aimé par un autre, l’Autre. Expliquons-nous. Se laisser regarder par le Seigneur c’est renoncer à être le maître de tout, d’être celui qui peut apporter réponse à toutes les situations de son existence, d’être un travailleur indépendant ! Et s’il s’agissait ensuite d’acquérir les vues de Dieu, de retrouver et de partager le regard du Seigneur lui-même sur nous, sur les autres, sur les événements du quotidien. 

Pour tenir dans la durée, voyageons léger ! Pas besoin de carte ni de boussole. Il nous suffit de nous laisser guider par le Christ. Vivons ce temps de carême comme un temps privilégié pour Le rencontrer ; comme une aubaine pour emprunter des chemins nouveaux, pour favoriser de nouvelles rencontres malgré les contraintes sanitaires, pour regarder nos proches avec un nouveau regard.

Ne nous trompons pas de chemin : ce temps de carême qui nous est donné à vivre doit être un moment de joie intense. Il nous redit combien Dieu nous aime et combien il fait de nous ses partenaires pour un monde nouveau. Bonne route à chacun ! 

Père Christophe Chatillon