Suivre le Seigneur

Avoir une vision claire et précise de ce que le Seigneur attend de nous, nous simplifierait bien l’existence. Nous aurions une ligne de conduite, une feuille de route avec des indications sur les étapes à franchir, les difficultés attendues, les haltes reposantes et finalement l’objectif à atteindre, un peu à la manière des pèlerins vers Compostelle qui préparent minutieusement leur voyage pour qu’il se passe au mieux, qu’ils en reviennent remplis d’émotion et de bonheur, fiers de l’avoir fait. Mission accomplie.

Mais voilà, ce n’est pas de cette façon que le Seigneur nous demande de le suivre. Il nous appelle comme il a appelé ses disciples. Il nous appelle mais nous laisse libres de notre réponse et chacun est appelé à vivre intimement sa propre réponse dans le monde où il vit.

Suivre Jésus implique les exigences de l’amour, le don de soi, le renoncement à soi-même, dans la confiance.

Les réalités de notre quotidien nous entraînent parfois là où nous ne voudrions pas aller et la lassitude nous guette dans nos moments de désert. Reprendre notre parole, abandonner dans les moments d’angoisse les exigences de l’amour nous permettrait, pense-t-on parfois, de souffler.

Comme Pierre, nous servons la cause de Satan lorsque nous faisons obstacle au plan de Dieu, « non, Seigneur, cela ne t’arrivera pas ». « Passe derrière moi, Satan, tu es pour moi une occasion de chute ». Le contraste est total avec ce que nous avons entendu dimanche dernier : « tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». Voilà que la pierre de fondation devient pierre d’achoppement et obstacle qui fait chuter. Simon était proclamé heureux à cause de sa profession de foi, révélée par le Père des cieux ; il est maintenant appelé « Satan » parce qu’il revient aux considérations humaines de la chair et du sang. Il avait découvert la condition divine de Jésus, Messie et Fils de Dieu mais ce n’est pas le Messie et le Fils de Dieu qu’il imaginait, comme la plupart de ses contemporains, y compris les disciples qui, sur la route d’Emmaüs, espéraient encore que le Christ soit le libérateur d’Israël…

Suivre le Seigneur, c’est faire de toute notre vie une offrande au Père, c’est s’en remettre avec confiance à celui que l’on aime.

Père Christophe Chatillon