Restons éveillés !

Durant le temps de l’Avent qui débute ce dimanche, dans des circonstances bien particulières, l’espérance des chrétiens est marquée par la joie de l’attente de Celui qui va venir, qui va nous surprendre. Il n’est pas là où nous l’avions imaginé : dans un palais, riche et important… Il sera découvert chez les pauvres, par les pauvres ! Sommes-nous bien conscients de ce que cela signifie ? Comment, dans le concret de nos vies, témoigner de cette attente ? Pour nous, qu’est-ce que « veiller » signifie ?

Jésus ne nous demande pas d’être des insomniaques ou de passer des nuits blanches en luttant contre le sommeil. Parce que la nuit dont il parle n’est pas celle de nos horloges. Dans les paraboles qu’Il invente pour nous parler de sa venue, le maître de maison a le chic pour arriver à l’improviste et à des heures impossibles : « le soir, à minuit, au chant du coq ou le matin ». À croire qu’il le fait exprès ! S’il arrivait de jour, il aurait plus de chance de trouver chacun à son poste.

Pourtant en Orient, jadis, il n’était pratiquement pas question de voyager de nuit, tant l’insécurité des chemins était grande. C’est donc vers la signification symbolique de la nuit qu’il faut nous pencher pour comprendre la nuit. La nuit, c’est le temps des ténèbres, celles où s’enfonce Judas dans l’évangile de Jean, celles de la passion, le temps de la tentation et de l’épreuve. C’est la nuit surtout qu’il faut rester vigilant. Veiller dans la nuit, c’est attendre dans les difficultés. C’est garder l’espérance quand tout est noir, c’est balbutier sa prière quand les vents sont contraires. C’est recevoir de Dieu la grâce de tenir bon, de rester debout lorsque tout paraît s’écrouler autour de nous.

Car Dieu vient nous rejoindre chaque jour dans nos vies, mais toujours à l’improviste. Gardons-nous prêts pour l’imprévu de ses visites. C’est le temps de l’Avent. Un temps pour réveiller notre attente, notre soif de Dieu. Devenons des guetteurs de l’aube divine, par notre foi persévérante et par notre charité attentive.

Père Christophe Chatillon