Quittons nos zones de confort

Jusqu’à la fin de l’année liturgique, c’est Luc qui va nous accompagner dans la liturgie de semaine. En ces premiers jours de septembre, nous voyons Jésus passer de synagogue en synagogue, de Nazareth à Capharnaüm. Nous le voyons soigner des malades, libérer des possédés, enseigner les foules. Jésus ne cesse d’aller de l’avant : il part pour des lieux et des situations toujours nouvelles. Alors qu’il aurait pu se poser, laisser venir à lui les foules nombreuses, continuer à enchaîner les guérisons, les exorcismes, les enseignements et les miracles, Jésus ne s’installe pas dans sa zone de confort. Il reste en mouvement, constamment disponible à la volonté de son Père.

Et c’est bien ce qu’il attend de ses disciples. L’exemple nous est donné par Simon-Pierre, Jacques et Jean, qui après une pêche miraculeuse, au lieu de profiter des fruits de celle-ci, préfèrent tout laisser sur place et le suivre. Eux aussi ne se sont pas installés dans leur zone de confort.

Et nous ? Nous commençons une nouvelle année dans une situation particulière, inédite et compliquée. Nous pourrions avoir la tentation de nous replier sur nos habitudes et nos certitudes, de nous limiter à faire ce que nous savons faire, voir même ce que nous avons toujours fait, quitte à ce que cela soit reporté ou annulé. La période que nous vivons actuellement, et dont nous ne connaissons ni l’évolution ni la durée, est peut-être l’occasion de nous laisser bousculer et appeler par le Seigneur vers de nouveaux lieux de missions, à une nouvelle manière de vivre en Eglise, à de nouvelles formes de solidarité et de fraternité, à une nouvelle organisation de nos communautés, à des relations plus vraies, à une proximité plus grande, à quitter nos zones de confort écclésiales, pastorales et spirituelles.

En prenant exemple sur Jésus, qui nous pousse toujours à aller plus loin, restons confiants et disponibles, et acceptons de nous laisser surprendre.

Père Christophe Chatillon