Que tous soient un !

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous affirmons haut et fort que le Christ est notre roi, un roi serviteur, un roi-berger. Son autorité royale ne vient pas de sa fonction ou de son origine sociale. Il n’est que « le fils du charpentier de Nazareth » diront certains. Son autorité vient de la parfaite adéquation entre ses actes et sa parole, une parole efficace, une parole créatrice, la seule qui peut nous sauver et gouverner notre vie. Ce roi dont la couronne est d’épines et qui a une croix pour trône, nous osons affirmer qu’il est le roi de l’univers.

Oreilles chatouilleuses s’abstenir. La fête du Christ-Roi met mal à l’aise, tant pour certains, elle véhicule une fausse image de Celui qui s’est fait humble et petit en revêtant notre humanité. On semble loin des gestes de serviteur que Jésus accomplit lorsqu’à la veille de sa passion, il lave les pieds de ses disciples. Déjà Pilate ne semblait pas comprendre, tant la royauté de celui qu’il avait devant lui paraissait dérisoire. Et pourtant, tout au long de l’Évangile, Jésus nous parle de Royaume et de Règne de Dieu comme d’une Bonne Nouvelle. Ce roi-là dans nos vies est sans doute d’abord à fréquenter, à expérimenter, à aimer, pour se rendre compte que c’est en donnant sa vie et en détruisant la mort qu’il est effectivement devenu Roi de la vie.

Un roi bien différent des rois des siècles passés qui gouvernaient avec toute puissance, qui étaient chefs de guerre et des armées. Déjà dans l’Ancien Testament, David nous est présenté comme un roi réconciliateur, rassembleur, unificateur. La royauté dont il est question ici est bien éloignée des images traditionnelles de trône, de couronne, de prestige, de gloire, de pouvoir.

Si Jésus est roi, c’est à l’image du berger qui rassemble. Un berger qui délivre ses brebis de tous les endroits où elles ont été dispersées et qui recherche celle qui est perdue. N’est-ce pas en son nom que nous restons unis les uns aux autres, bien que nous soyons confinés chacun chez nous, tous différents ? Par sa puissance, il comble les fossés, renverse les barrières, apaise les craintes, libère des peurs, et réconcilie celles et ceux qui s’étaient éloignés. Que tous soient un, dit Jésus (Jn 17, 21). Tout au long de l’histoire biblique, Dieu manifeste son désir de rassembler et de réconcilier. Reconnaître la royauté du Christ, c’est accepter de bâtir des ponts plutôt que des murs, c’est lutter contre toute forme de discrimination, de division et de rejets. Notre monde et notre Eglise en ont tant besoin !

Père Christophe Chatillon