Prenons la route de l’espérance

Au coeur du confinement, beaucoup d’entre nous rêvent de grands espaces, de courses en montagne, de baignades dans l’océan, de ballades à cheval ou à vélo, de randonnées en forêt. La randonnée est une activité à la portée de tous. Il y a les marches de détente, d’émerveillement ou encore de santé, prescrites par le médecin. Il y a les marches rapides des sportifs, plus exigeantes. Il y a les marches des pèlerinages comme celui de Compostelle, très populaire. Notre vie chrétienne est une marche continue, faite de rebondissements et de contrastes.

La liturgie du dimanche des rameaux n’est pas un mime ou une reconstitution de la marche de Jésus entrant à Jérusalem ou du chemin de sa passion et de sa mort. Elle a un caractère symbolique, car cette liturgie nous plonge réellement au cœur du mystère de notre foi qui en trouve un condensé dans les récits bibliques fondateurs que nous partagerons tout au long de la semaine sainte. Avec Jésus, nous prenons le chemin d’une conversion incessante qui n’a de cesse de déployer l’espérance dans le quotidien de nos vies. Par Lui, nous vivons les passages si exigeants de la mort à la vie, jusqu’à l’heure ultime de notre propre mort. En Lui, nous sommes relevés de nos chutes et échecs, jusqu’à l’heure glorieuse de notre propre résurrection.

Oui, les récits bibliques fondateurs de ces prochains jours manifestent l’énigme de la mort du Christ venu pourtant donner la vie. Mais ne nous laissons pas atterrer par ce mystère totalement inacceptable pour la majorité de notre humanité. Au creux de cette mort, symboliquement signifiée par le creux du tombeau du Vendredi saint, se trouve la vie que nul ne peut retenir. Déjà la célébration des rameaux trace la voie d’une espérance lumineuse. Que les saints jours qui viennent, et que nous allons vivre douloureusement, activent en nous une recherche incessante de sens, car, au terme de cette recherche, se trouve le Ressuscité vivant au milieu de nous. Par Lui, avec Lui et en Lui, bien que confinés, prenons la route de l’espérance.

Père Christophe Chatillon