Noël, une lumière dans la nuit, une lumière d’avenir…

Il y a plus de 2000 ans, nous dit la Bible, « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande Lumière ».

Aujourd’hui, sur la terre, dans bien des foyers, dans bien des coeurs, il y a de l’ombre, il y a des ténèbres. Notre époque est secouée par une crise profonde, aux multiples visages, source de tensions et de dangereux déséquilibres, d’inquiétude et d’incertitude quant à l’avenir. Mais parce que nous vivons l’histoire de l’homme dans la lumière du Christ de Noël, nous affirmons qu’aucune situation n’est fatale, et que l’insécurité, la souffrance, la mort ne peuvent avoir le dernier mot de l’Histoire. Plus que jamais, le chant qui a retenti au coeur de la nuit doit être pour nous source d’espérance : « Je vous annonce une grande joie : aujourd’hui vous est né un Sauveur : c’est le Christ, le Seigneur ! »

Et le signe qui est donné au monde c’est un enfant dans une mangeoire. Nous sommes familiers de la crèche devenue un lieu charmant et bucolique que nous aimons représenter à chaque Noël dans notre environnement quotidien. Nous en oublions souvent sa réalité au profit d’une gracieuse image, aimable et enfantine. Quand le Verbe de Dieu se fait homme, il ne choisit pas l’endroit de sa naissance. Il ne sélectionne pas un palais ou une clinique privée. Il ne trie pas les gens qui vont l’entourer en fonction de leur rang social, de leur pratique religieuse, ou de leurs connaissances intellectuelles. Dieu naît dans une étable parce qu’il n’y a pas de place ailleurs. Il est déposé – faute de mieux – dans une mangeoire pour animaux.

Tel est notre Dieu ! Un Dieu qui aujourd’hui mendie une place où naître et ne trouve qu’une étable. Un Dieu qui demain n’aura pas une pierre où reposer sa tête. Un Dieu qui après-demain aura pour trône le bois du supplice : scandale pour les juifs, et folie pour les autres. Oui tel est notre Dieu ! Un nouveau né ne fait peur à personne. Au contraire, il attendrit, émerveille et attire. C’est comme cela que Dieu nous offre le salut, avec une grande délicatesse. L’homme n’a rien à craindre de Dieu. Il n’est pas une menace pour notre société plurielle et laïque.

Quand Dieu prend place dans l’humanité pour la sauver, il n’emploie pas de méthode spectaculaire à grand renfort d’annonces par Twitter ou Facebook. Il entre incognito, il ne se fait pas remarquer. Il restera trente ans dans la discrétion totale, fidèle à sa famille, à son pays, à ses traditions sociales et religieuses, simple artisan de village, vivant du fruit de son travail. La plus grande partie de la Bonne Nouvelle du règne de Dieu est annoncée dans l’anonymat. 

Ne pouvons-nous pas en déduire que c’est d’abord dans le quotidien de notre vie que Dieu nous rejoint et nous sauve ? De nombreux leaders politiques, religieux et autres prétendent apporter des recettes-miracles pour faire le bonheur des gens. Notre Sauveur se présente à nous sous des traits ordinaires. Quand sa parole se fera entendre, elle sera limpide : aimez Dieu, aimez-vous, le bonheur est pour les simples et les miséricordieux. À contre-pied des puissants de son temps et de tous les temps. C’est lui qui s’inclinera devant les hommes ses frères, qui se prosternera aux pieds des malades de toute sorte, qui lavera les pieds de ses disciples, qui aura une mort d’esclave entre deux criminels.

Noël n’est pas seulement derrière nous. Ce n’est pas un souvenir d’enfance à raviver un soir, chaque année. Ce n’est pas un rêve de jadis qui nous visiterait une fois l’an. Noël est une lumière d’avenir. C’est le visage de l’humanité à construire. C’est une annonce qui nous appelle. C’est un ferment qui nous travaille. C’est un levain. Un commencement qui nous est donné pour que nous poursuivions notre route avec courage.

Noël, c’est Jésus ! le visage le plus humain… le visage de Dieu.

Père Christophe Chatillon