Me voici !

Cette parole, nous pourrions la mettre dans la bouche d’Abraham, mais aussi d’Isaac, de Moïse, d’Elie ou encore de Jésus, tous présents dans les lectures de ce dimanche. Car, finalement, le destin de tous ces hommes n’est-il pas le même ? Dieu met Abraham à l’épreuve et celui-ci répond à la quête de Dieu, malgré la gravité de la situation. Isaac, un innocent, un enfant qui n’a rien demandé et qui fut tant attendu, est déjà sur l’autel de la mort. Moïse, élevé comme un prince d’Egypte, s’enfuit au désert pour répondre à l’appel de Dieu afin de sauver son peuple de l’esclavage. Elie, prophète par excellence, met sa vie en péril pour sauvegarder l’Alliance entre Dieu et le peuple. Et Jésus, le Fils unique de Dieu qui, sur le bois de la croix, dit à Dieu : “Père, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux”.

Nous voici face à des hommes qui ont répondu à l’appel de Dieu en donnant leur vie. Et nous, qu’allons-nous répondre à ce Dieu qui se donne à nous sans compter ? Ce temps de carême est un temps privilégié qui nous est donné de vivre, un temps pour grandir dans la foi, un temps où nous sommes invités à retourner au plus intime de nous-mêmes. Qui suis-je réellement ? Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? Qu’est-ce qui m’habite ? Quelle est ma relation avec ceux qui sont à mes côtés, ceux que je connais, mais aussi ceux que je ne connais pas ?

En ce deuxième dimanche de carême, il est de nouveau question de quitter, de partir, de se mettre en route sans savoir où cela mènera. Le décor n’est plus le même. Ce n’est plus l’aridité du désert avec toutes ses embûches, mais la majesté impressionnante et écrasante de la montagne. Pour Abraham comme pour les disciples, il faut faire confiance, répondre à un appel et mettre ses pas dans ceux d’un autre pour en atteindre le sommet. C’est là que les trois disciples deviennent alors les témoins de la Transfiguration de Jésus et les confidents du Père : “Celui-ci est mon Fils bien aimé… écoutez-le !”.

C’est dans le silence de la montagne que le Père parle, loin du brouhaha des villes, loin des rumeurs qui empêchent d’entendre la voix du Bien-aimé. Le Père parle au cœur de l’homme, dans le secret. Il est en attente de sa réponse. En ce temps de carême, nous sommes appelés, comme disciples, à renouveler notre engagement à écouter Jésus, à le suivre, à laisser toute notre vie s’éclairer par sa parole.

Père Christophe Chatillon