Le coeur des hommes

A mi-chemin vers Pâques, la Loi, la Croix, le Temple – trois notions centrales dans la Bible – sont au cœur des lectures de ce troisième dimanche de carême. Il s’agit de trois signes de l’amour d’un Dieu proche et riche en miséricorde. Entre la Loi et le Temple – deux symboles de l’Alliance de Dieu avec son peuple – se dresse désormais la Croix de Jésus-Christ, puissance et sagesse de Dieu, symbole de notre foi et expression de la loi fondamentale de l’amour.

Dieu se manifeste en Jésus crucifié. Dieu se reconnaît en Celui qui a pris fait et cause, au péril de sa vie, pour son Père et pour tous les laissés pour compte, ceux que la société exclut et méprise. Dieu se révèle là où les hommes ne voient que honte et échec. Le signe de la Croix est, en somme, la seule et définitive attestation de l’amour d’un Dieu dont le nom est Miséricorde.

En 2008, devant des jeunes rassemblés sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le pape Benoît XVI déclarait : “Beaucoup portent autour du cou une chaîne avec une croix. Ce n’est pas un ornement ni un bijou. C’est le symbole précieux de notre foi, le signe visible et matériel du ralliement au Christ. Elle est le témoin muet des douleurs des hommes et, en même temps, l’expression unique et précieuse de toutes leurs espérances”. Folie pour certains, scandale pour d’autres, mais nous qui avons librement accueilli le don de Dieu, nous sommes invités au respect et à la vénération de la Croix comme d’un trésor qui fait notre orgueil.

Si Jésus chasse les vendeurs du Temple, c’est avant tout pour dénoncer la manière dont certains croyants vivent leur relation avec Dieu. Il faut acheter des animaux, les offrir en sacrifice pour recevoir en échange les faveurs divines : c’est du donnant-donnant, du marchandage qui contredit le caractère gratuit de la Bonne Nouvelle. Nos prières, nos actes de dévotion et de charité n’ont pas pour but de faire “plier Dieu” ou de mériter sa grâce, mais doivent devenir l’expression d’un amour gratuit et désintéressé.

Notre Dieu n’habite pas une construction de pierres froides, de pierres mortes. Le vrai Temple de Dieu, c’est un homme : Jésus, son Fils unique. Aujourd’hui encore, c’est dans le cœur des hommes que Dieu établit sa demeure. Prenons le temps de relire nos rencontres avec Dieu à travers nos rencontres avec les hommes. Quelles sont ces rencontres qui m’ont fait “toucher” la présence de Dieu ?

Père Christophe Chatillon