Jésus, notre coach

Que de sollicitations dans le quotidien, pour les achats, la politique, la santé, les loisirs, etc… Devant notre désarroi, des experts tentent de nous imposer des modes de vie, des prêts-à-porter, des prêts-à-penser, etc… Or, les évangiles de ces dimanches montrent Jésus aux prises avec de tels experts, à propos de l’impôt à César, de la répudiation, et dans l’évangile de ce dimanche, à propos de la hiérarchie des lois. Au temps de Jésus, combien de braves gens devaient se sentir déphasés, perdus ? Et dans nos sociétés d’aujourd’hui ? Or, plus encore que la Loi ancienne, l’Evangile est une lumière pour la route, une lampe pour nos pas (Ps 118, 105).

Le contexte est polémique. Les pharisiens veulent une nouvelle fois tendre un piège à Jésus. Si on lui demande de citer le plus grand commandement, c’est sans doute pour mieux l’accuser, par la suite, de mépriser l’un ou l’autre qu’il n’aura pas cité. Il n’empêche que cette question est pertinente. Ne nous arrive-t-il pas aussi, à toutes et à tous, de nous poser la question de ce qui est le plus important ? Dans toutes mes activités, dans tout ce que je crois, dans tout ce que je fais, qu’est-ce qui est vraiment premier, essentiel ? On a souvent besoin de remettre des priorités, de se recentrer sur l’essentiel. Tout spécialement en cette période pétrie d’incertitudes et d’inquiétudes.

Nombreuses sont les personnes, non-croyants compris, qui affirment que l’amour est la valeur essentielle de la vie. Ce qui donne du poids à notre vie, ce qui donne un but à notre existence, c’est l’amour que nous donnons et que nous recevons. « S’il me manque l’amour, disait saint Paul, je ne suis rien ! » (1 Co 13, 3).

L’originalité de la réponse de Jésus réside dans le rapprochement qu’il fait entre deux commandements déjà cités dans l’Ancien Testament : le commandement de l’amour de Dieu et celui de l’amour du prochain. Et surtout de les associer, de déclarer que l’un ne va pas sans l’autre. Le centre de gravité de notre vie est le point de convergence entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain. C’est là, qu’il nous faut trouver notre point d’équilibre. L’amour de Dieu implique nécessairement l’amour du prochain, même celui qui serait considéré par les pharisiens comme impur. L’objectif de la Loi et de toutes les Ecritures, nous dit Jésus, est de nous conduire sur ce chemin de l’amour de Dieu et du prochain, quel qu’il soit.

Père Christophe Chatillon