Je suis la porte

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus nous dit : “Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé” (Jn 10,9). La porte a une double fonction : fermée, elle protège des voleurs, des bandits, des gens de l’extérieur, et même des virus ; mais elle ne peut pas toujours être fermée, sinon la maison devient une prison. Le confinement a ses limites. Ouverte, elle permet d’aller vers le monde, vers les autres et ce qu’ils vivent comme joies ou peines !
Quand Jésus dit “je suis la porte”, il s’identifie aux deux fonctions de la porte : Il nous protège des faux guides, des faux dieux que peuvent être le confort, l’argent, le chacun pour soi… Mais il est aussi celui qui nous ouvre à la vraie vie qui est ouverture aux autres. N’est-il pas celui qui nous aide à passer, à aller vers les petits, les laissés-pour-compte, ceux qui sont en recherche d’un sens à leur vie, tout spécialement en cette période d’inquiétude, en attente de transformation ? Il nous invite à sortir de cette tendance à nous enfermer dans des petits clubs de gens qui pensent et agissent tous de la même manière, sans ouverture aux préoccupations des autres.
Il y a une relation de proximité qui unit le berger (le Christ) et ses brebis (chacun de nous), il les connaît, il les fait sortir, il les conduit. A leur tour, les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. Il y a donc une reconnaissance réciproque entre le berger et son troupeau. Que cela puisse rejaillir sur nos comportements : dans l’élan de tout ce qui se vit en cette période de confinement, demandons au Christ qui nous connaît par notre nom, de ne jamais considérer les autres comme des anonymes, que nos paroles et nos gestes soient, comme pour lui, des paroles et des gestes qui réunissent, qui rassemblent et qui portent vie.

Père Christophe Chatillon