Gardons notre lampe allumée

En ce mois de novembre, nous abordons les trois derniers dimanches qui marquent la fin de l’année liturgique. Les couleurs de l’automne, les feuilles qui tombent, tout nous rappelle que toute chose s’en va vers une fin. Et l’Eglise nous propose de méditer sur des passages de l’Evangile qui sont une invitation à la vigilance dans l’attente de la venue du Seigneur à la fin des temps. Les textes vont nous apprendre ce que veut dire veiller, se tenir prêt pour le retour du Seigneur, non pas dans une ambiance de catastrophe, mais plutôt dans la confiance, la joie et l’espérance.

La parabole de ce dimanche évoque cinq jeunes filles insouciantes et cinq prévoyantes. “Insouciant” est également le terme qu’utilise Jésus, dans une autre parabole, pour désigner l’homme qui a bâti sa maison sur le sable : celui qui entend les paroles de Jésus, mais qui ne les met pas en pratique. Être prévoyant, pour Jésus, c’est ajuster notre vie à notre foi, c’est entretenir quotidiennement notre volonté de conformer nos actes à ses paroles.

Le chrétien, comme tout homme, peut vite se laisser endormir par la routine et les habitudes. Veiller, ne serait-ce pas dès lors être toujours prêts à se remettre en question, à interroger sans cesse sa foi et ses priorités. Veiller, c’est peut-être aussi empêcher nos yeux de se fermer sur le monde qui nous entoure et refuser de boucher nos oreilles aux appels que Dieu sans cesse nous lance. Veiller, enfin, c’est porter toute notre attention vers celui qui vient, sur la lumière qui pointe à l’horizon plutôt que de se laisser engloutir par la nuit et les ténèbres du désespoir. Le veilleur dans la nuit est un homme d’espérance, car il sait que le soleil finira par se lever ! Rien à voir donc avec une attente stressante et angoissante !

Ainsi donc, pour aller à la rencontre du Christ et des autres, il est temps, urgent même, de garder nos lampes allumées en y apportant sans fin les petites gouttes d’huile nécessaires pour les faire briller. Nous pourrions reprendre des mots de Mère Teresa qui caractérisait ces gouttes d’huile comme les petites choses de la vie de tous les jours : la joie, la générosité, les petites paroles de bonté, l’humilité et la patience, ou simplement une pensée pour les autres, notre manière de faire silence, d’écouter, de regarder, de pardonner, de parler et d’agir. Voilà les véritables gouttes d’amour qui font brûler toute une vie d’une vive flamme. “Ne cherchez donc pas Jésus au loin ; Il n’est pas que là-bas, il est en vous. Entretenez bien votre lampe et vous le verrez”.

Père Christophe Chatillon