En marche !

Les pèlerins qui prennent le chemin de Compostelle disent un jour ou l’autre, pendant leur périple, parfois dès le premier soir : “j’ai pris trop de bagages, trop de vivres … Il me reste à faire le tri et ne garder que l’essentiel au risque peut-être de manquer de quelque chose”. N’est-ce pas un peu ce que nous ressentons en ce premier dimanche de carême, ce jour où nous prenons la route vers Pâques avec d’autres pèlerins ici et partout à travers le monde ? Nous avons à nous délester, à alléger nos sacs, renoncer à toutes nos résolutions impossibles à tenir, à faire preuve de réalisme et d’humilité pour mieux appréhender cette longue marche à travers nos déserts d’aujourd’hui et mieux vivre ensemble ce chemin vers la Pâque de Jésus et notre propre Pâque. 

Notre marche commence, elle durera 40 jours ! Mais nous le savons aussi, 40 jours, dans la Bible, est un nombre symbolique. Il renvoie à Moïse parti sur la Montagne pour y recevoir la Torah. Il fallut le même nombre de jours à Elie pour arriver à l’Horeb pour rencontrer le Seigneur. Le peuple hébreu a pris 40 ans pour cheminer depuis la terre d’Egypte, terre d’esclavage, pour arriver en Terre de Canaan, la terre promise par Dieu. Jésus, lui-même, est resté 40 jours dans le désert. Et voici qu’aujourd’hui encore, nous sommes invités à parcourir une marche de 40 jours. 

A la suite de Jésus, nous sommes invités à revenir sur les traces du peuple hébreu et de reprendre son chemin ; tout comme Jésus aussi, nous sommes invités à ne pas tomber dans les infidélités à Dieu et les murmures. Jésus, homme juif, connaissait bien l’histoire du peuple qui l’avait précédé. Il lui fallait, à son tour, vivre cette expérience afin qu’elle prenne pour lui tout son sens. Et il en est de même pour nous aujourd’hui. Ne gaspillons pas ce temps : donnons-lui la chance de faire de chacun d’entre nous de vrais disciples prêts à remettre leur vie en conformité avec l’Evangile.

Bonne route à chacun !

Père Christophe Chatillon