Eglise de disciples, Eglise de témoins

Les disciples de Jésus-Christ que nous sommes, et que nous nous efforçons de devenir chaque jour davantage, sont envoyés en mission par le Christ, pour qu’à travers le monde entier, chacun puisse accueillir la Bonne Nouvelle de la résurrection, de la victoire de la vie, de la lumière et de l’Amour.

Il y a une corrélation profonde entre la notion de disciple et celle de témoin : elles définissent ce qui constitue l’identité du chrétien. On ne peut témoigner que de ce que l’on connaît, de ce que l’on a expérimenté. Il ne suffit pas d’être formellement baptisé et confirmé pour être témoin, mais il faut avoir fait l’expérience de la rencontre du Christ ressuscité. Comme les femmes qui se rendaient au tombeau, comme Marie-Madeleine, comme Cléophas et son compagnon sur la route d’Emmaüs, comme Pierre et quelques disciples sur le bord du lac de Tibériade, comme Thomas…

Contemplons cette scène d’évangile que nous offre saint Jean en ce dimanche de la divine Miséricorde : au milieu des disciples enfermés, apeurés, Jésus ressuscité se rend présent. Il salue ses amis : “la Paix soit avec vous”. Par deux fois : “la Paix soit avec vous”. Le jaillissement de la vie du Ressuscité est source de paix et de joie qui emplissent le cœur des disciples.

Dans Le Visage de la Miséricorde, le Pape François écrit : “Nous avons toujours besoin de contempler le mystère de la miséricorde. Elle est source de joie, de sérénité et de paix. La miséricorde c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La miséricorde, c’est la loi fondamentale qui habite le coeur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son coeur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché”.

Cette paix, elle n’est pas seulement pour les disciples. Sitôt apparu, le Ressuscité souffle légèrement l’Esprit Saint et les envoie la répandre dans le monde. Nous le savons la tâche est immense ; mais il faut nous rappeler qu’elle n’est pas d’abord de l’ordre du faire, mais de l’ordre du rayonnement, de la contagion. On ne peut être témoin que si l’on s’est réellement mis à la suite de Jésus, si l’on vit habituellement en sa présence. Plus nous vivrons de Jésus-Christ, dans la vérité, plus notre témoignage sera important et fécond.

Nous ne pouvons pas être témoins si nous ne sommes pas disciples ; nous ne pouvons pas être disciples sans être témoins !

Père Christophe Chatillon