De Noël à Pâques, même mystère d’amour

Pour une exposition de peintures, il y a le vernissage ; pour une nouvelle construction, la pose de la première pierre ; pour l’inauguration d’un pont, d’un stade, d’une autoroute, la coupure du ruban ; pour les Jeux olympiques ou la coupe du monde de football, la cérémonie d’ouverture ; pour le commencement d’un règne, l’intronisation.

Chacun de nos évangélistes a relaté, avec sa propre sensibilité, l’intronisation de Jésus de Nazareth comme envoyé du Père, dans son baptême par Jean le baptiste. Non pas dans le faste d’une grandiose célébration devant un public admiratif et médusé, mais dans la discrétion d’une foule anonyme en démarche de conversion. C’est là que Jésus est investi officiellement par l’Esprit et la voix venue du ciel “déchiré” : cet homme-là, Jésus de Nazareth, est le Fils bien-aimé, en qui le Père trouve sa joie.

La fête du baptême du Seigneur est une invitation faite aux chrétiens de renouer avec la joie de leur propre baptême. Par celui-ci chacun est devenu l’enfant bien aimé du Père à l’image de Jésus le Christ. C’est l’occasion pour tout baptisé de revivre la joie de sa seconde naissance, celle qui lui a donné la vie de Dieu ; la joie de son entrée dans l’Eglise, communauté des croyants, peuple de Dieu, Corps du Christ ; la joie de l’Eglise elle-même, heureuse de sa maternité chaque fois qu’elle engendre un nouveau chrétien par le baptême. Il s’agit donc de revisiter ce “dont nous devrions être le plus fiers à jamais” (Pape François) : le don merveilleux d’un Dieu qui s’est fait homme pour nous engendrer à sa propre vie.

La liturgie de ce dimanche clôture le temps de Noël, pour entrer dans le “temps ordinaire”, qui n’a d’ordinaire que le nom. Ordinaire ne signifie pas un temps banal, un temps d’importance secondaire. C’est le temps qui nous permet de vivre l’Aujourd’hui du salut de Dieu dans l’ordinaire de notre vie. C’est un temps qui déploie, de dimanche en dimanche, le mystère pascal, l’extraordinaire nouvelle d’un Dieu qui s’est fait homme pour que l’homme retrouve sa dignité d’enfant de Dieu, la bonne nouvelle de la victoire de l’amour sur toutes les forces de mort. C’est le temps du “devenir disciple-missionnaire”, c’est-à-dire le temps de mettre nos pas dans ceux du Christ pour marcher à sa suite et annoncer à tous la joie de l’Evangile.

Père Christophe Chatillon