Dieu aime son peuple

La liturgie de nos dimanches d’automne, période de vendanges, nous propose les paraboles de Jésus autour du thème de la vigne.

Dans le Livre d’Isaïe, la vigne, c’est le peuple de Dieu et le vigneron, c’est Dieu. Il aime sa vigne d’une relation profonde. La culture de la vigne réclame des soins minutieux. De beaux raisins, des vins savoureux sont autant de signes d’un amour fécond et vigilant. Ils suggèrent aussi une longue histoire commune, tant il faut d’années avant qu’une vigne ne porte fruit. C’est une façon poétique d’évoquer l’Alliance.

Dans l’évangile de ce dimanche, avant de partir en voyage, le vigneron la confie à des ouvriers dont il attend le même soin, ainsi qu’une attitude de fidélité à l’alliance nouée dans ces circonstances. Nous connaissons la suite dramatique.

De tout temps, Dieu a voulu faire confiance aux hommes pour bâtir un monde fraternel, de justice et de paix, pour construire son Église. Dans l’ensemble des récits de la Bible jusqu’à la passion du Christ nous avons devant les yeux la narration de cette confiance bafouée, trahie. Le péché du peuple de Dieu, notre péché, c’est l’appropriation de la vérité, l’appropriation de la vie, des hommes, des territoires, des richesses de la terre.

Malgré cela, Dieu continue à faire confiance, mais il ne force personne à collaborer à son projet. Son Règne aboutira avec des ouvriers autres que les homicides, avec d’autres serviteurs. Il nous ouvre le chemin pour être de ceux-là, en Église.

Père Christophe Chatillon