Centenaire de la canonisation de sainte Jeanne d’Arc

samedi 16 mai

Canonisée le 16 mai 1920 par le pape Benoît XV, Jeanne d’Arc fait résonner l’appel à la sainteté pour notre temps.

Elle n’est pas une sainte du passé mais du présent, éternellement jeune. Engagée à 17 ans, morte à 19, elle n’a jamais abandonné, ni capitulé, et est devenue l’un des plus importants chefs militaires de son temps, tout ça parce qu’elle avait la foi. Sa sainteté est simple, elle n’a pas laissé de grands discours, mais des paroles de feu. C’est la sainteté dans la « boue du monde ». Elle a vraiment vécu les Béatitudes. C’est une sainte laïque, une femme du peuple, qui incarne bien le génie féminin dans un monde dominé par les hommes, proche des petits et des pauvres, façonnée par sa vie de famille, le labeur quotidien, une foi simple et profonde.

Les orléanais n’ont pas attendu cette réhabilitation définitive pour célébrer leur héroïne chaque année. Leur reconnaissance traverse les siècles, et s’est transmise de génération en génération jusqu’à aujourd’hui. A Orléans, il existe un lien très fort entre Jeanne d’Arc et la ville, qui ne s’est jamais dénoué depuis le 8 mai 1429, date de la libération de la ville. Jeanne y est célébrée autant par les autorités civiles que religieuses. Du côté de l’Eglise, le processus a en effet été long et difficile. Deux évêques d’Orléans ont été moteur dans le processus de canonisation de Jeanne. Tout d’abord Mgr Dupanloup qui l’a lancé, en 1869, et ensuite, son successeur, Mgr Touchet, qui l’a accompagné jusqu’au 16 mai 1920, date à laquelle Benoît XV l’a canonisée. Il est évident que l’Eglise a eu du mal à oublier qu’il s’agissait d’une jeune fille qui s’était habillée en homme, qui avait fait la guerre, et qui avait été condamnée par des théologiens.

Comme le dit le pape François dans Christus Vivit, Jeanne a été « incomprise à cause de sa manière d’être et de vivre sa foi ». Il y avait pourtant une grande cohérence entre sa foi et ses actes. Elle était humble et confiante ; courageuse, elle a été loyale envers son pays et persévérante dans l’adversité ; mais aussi charitable, en témoigne la sincérité de ses larmes aux côtés des blessés et des morts (même anglais), et sa bienveillance à l’égard des soldats qui l’accompagnaient.

En rendant grâce au Seigneur pour le visage de sainteté qu’elle offre à l’Eglise et au monde, on peut demander, par son intercession, à l’Esprit Saint, de nous aider à persévérer dans l’adversité, à faire grandir une culture de la rencontre, et à construire une société plus juste et plus fraternelle, attentive aux petits et aux pauvres.

Père Christophe Chatillon